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Volta face à TechEd 2007
De retour de Barcelone et d'une semaine bien chargée j'en profite pour faire un retour synthétique de TechEd 2007 et les projets se qui se trament à l’horizon.
Autant le dire tout de suite, TechEd 2007 ne restera pas dans les annales. Il suffisait de jeter un œil sur le casting de l’évènement pour s’apercevoir qu’aucun des grands noms (sans faire offenses aux remplaçants) n’avaient fait le déplacement. Ajouter à cela une actualité plutôt creuse et un contenu parfois réchauffé et on comprend pourquoi les quelques journalistes présents à l’évènement affichaient une mine pâlotte au moment de rédiger. Est-ce à dire qu’il n’y a vraiment rien eu à se mettre sous la dent durant toute la semaine ? Bien entendu que Non. TechEd 2007 a tout de même recélé quelques pépites, j’entends par « pépite » une technologie qui a le vent en poupe et dont les sessions étaient pleines à craquer.
La première fût incontestablement « Entity Framework » ou le mapping objet/relationnel à la sauce Microsoft. Pour avoir suivi la plupart des sessions sur écran assis par terre dans le couloir au milieu d’une cinquantaine de « refoulés », le sujet était au cœur de toutes les discussions. Avec des speakers de la dimension de Luca Bolognese (ancien d’ObjectSpaces), Pablo Castro, Carl Perry ou Mike Taulty, la maison restait bien gardée. Sur le fond, j’avoue ne pas être un fan de cette API depuis ces débuts. EF s’appuie sur la notion de classes partielles pour gérer toute la tuyauterie de persistance là où Hibernate génère des proxies dynamiques à la volée (JDO a disparu pour cette raison). Une classe du domaine EF ressemble à tout sauf à une classe du domaine. On hérite d’une classe sorti tout droit d’un film de science fiction : System.Data.Objects.DataClasses.Entity (mais qui a bien pu trouver des noms de namespaces aussi pourris ?). On y référence allègrement des EntityRef (évidemment, lorsqu’on n’a pas de proxy dynamique, on expose forcément à l’utilisateur la complexité du Framework interne) et différentes relations techniques. Autant dire que pour l’instant EF ressemble plus à la petite sœur ratée de JDO qu’à un outil de mapping o/r de la dimension de Toplink ou Hibernate. A suivre cependant, tout cela n’est qu’en béta.
Côté stars, Linq a encore cette année tenu le haut du pavé. On ne le répètera jamais assez. Microsoft possède en Linq une avancée technologique considérable par rapport à la concurrence. Les concepts qui sous-tendent Linq sont puissants, élégants et pratiques.
Et pourtant, il y a comme un malaise à l’heure actuelle autour de Linq. Un malaise lié au positionnement marketing de Linq, qui, sans implémentation n’est finalement qu’une sorte de coquille vide. Or, des implémentations, il y en existe une bonne dizaine. A tel point qu’une session entière intitulée « Linq to X, what to choose ? » fût dédiée au sujet. Pour y avoir assisté, le moins qu’on puisse dire c’est que Microsoft ne sait justement pas où il nous emmène (petit clin d’oeil à « where do you whant to go today ? »). Linq sera utilisé dans 90% des cas dans sa version mapping o/r. Que choisir entre Linq to SQL (incomplet), Linq to DataSet (anti n-tiers) ou Linq to EntityFramework (en béta) ? Les réponses sont restées vagues et je prends le pari que dans un an, toutes ces API auront disparu au profit du seul et de l’unique Entity Framework, aujourd’hui encore dans les cartons. Et dire que Linq est censé sortir en release à la fin du mois. Allez comprendre Charles.
Autre star, Astoria. Les sessions étaient garnies, les speakers excellents et nul doute que ce sera un des sujets chauds en 2008. J’aimerai y consacrer une session au Symposium DNG (message subliminal, le contenu des sessions est arrêté, je vais bientôt lancer les appels à candidature sur DNG).
Pour le reste, excepté Silverlight qui est la grande tendance du moment, on aurait quasiment pu faire un copier/coller des sessions WPF et WCF de l’année dernière.
Pourtant, dans cette actualité qui semble plutôt calme, une technologie va petit à petit commencer à faire parler d’elle. J’avoue qu’Olivier m’a un peu coupé l’herbe sous le pied en blogguant sur le sujet cette semaine ;-).
S'il planait comme un air de Volta pendant ces quelques jours autour du TechEd, il n'y a eu aucune session, pas un mot, aucun whitepaper. Et pourtant, Volta est la révolution silencieuse qui se trame dans les coulisses de Microsoft et qui préfigure du Web de demain. Imaginez développer vos applications en .NET (C#, VB, etc…) et générer du Silverlight, du WPF ou du HML/JavaScript lors du déploiement. Le concept de client Web universel (« write once, run every where ») avec comme environnement d’exécution, la machine virtuelle JavaScript du navigateur. Google l’a inventé avec GWT, Microsoft y croit tout autant, sinon plus. La bataille ne fait que commencer. Si Volta est effectivement aujourd’hui un projet de recherche, le produit existe. Est-il plus performant que GWT, s’appuie t-il sur Script#, comme on peut le présupposer ? Dispose t-il des mêmes optimisations compilateur ? Autant de questions auxquelles il m’est aujourd’hui difficile de répondre. Et on comprendra aisément que Microsoft souhaite garder l’implémentation de référence confidentielle tant le sujet est sensible et stratégique (moi, des infos ? mais non ;-)).
Si vous hésitez encore à vous inscrire au Symposium DNG 2008, sachez que nous mettons tout en œuvre avec François Merand pour inviter le papa de Volta, Eric Meijer (co-inventeur de Linq, rien que ça) au Symposium. D’ici là, tout le secret qui entoure ce projet se sera surement estompé et nous aurons droit à une démo très officielle de Volta.
Pour finir, et je ne le répèterai jamais assez : si vous êtes développeur .NET ou Java, n’hésitez pas allez voir ce qui se fait de l’autre côté. Cassez les barrières, on ne peut que s’enrichir de la multiculture technologique. La mise en perspective des deux environnements est une occasion fantastique de pointer du doigt les failles de telle ou telle API. En travaillant GWT il y a plus d’un an, j’étais convaincu par le concept. Avec la sortie de Volta, il ne me restera finalement plus qu’à combler les 10% de différences qui feront l'originalité ou la banalité du produit …
6 commentaires
Vidéos qui permettent de découvrir Volta avec même quelques démos à la clé.
http://channel9.msdn.com/Showpost.aspx?postid=324060
http://channel9.msdn.com/Showpost.aspx?postid=324060
Volta lui-même n'a rien de secret (je pointe de mon côté sur un PDF de Meijer), simplement Microsoft reste plutôt discret sur le sujet, et surtout personne ne veut/sait dire quand ce projet de recherche pourrait intégrer un projet commercial.
En résumé, le plus intéressant reste à dévoiler et Eric ne dépasse jamais la frontière qui consiste à exposer les internes.
Sami
Il est de plus loin de se prendre au sérieux, il n'y qu'à voir les interventions qu'il a fait sur VBTV (un ovni hallucinant dont on a peine à croire qu'il fut produit par Microsoft) où il jouait le personnage "the head in the box".
Bref je suis fan, +1 pour Erik Meyer :)
Pour info, le passage d'Erik Meijer il y a 3 ou 4 ans, c'était aux Academic Days à Chantilly, j'y étais et moi aussi je suis fan !
J'ose à peine poster cette url pour une piqure de rappel à propos de cette journée mémorable (sauf la dernière conf...) :
http://www.developers-association.org/review.aspx?f=ms_research_2004
;-)